Fréquence VHF libre - Mythe ou réalité ? Canaux à utiliser

Un homme sur un bateau utilise une radio. Il est en communication, peut-être sur une fréquence vhf libre, avec la ville en arrière-plan.

Écrit par

Thibault Gosselin

Publié le

29 mars 2026

Table des matières

La notion de fréquence VHF libre est trompeuse : en mer, il n’existe pas de canal où l’on parle sans règle, seulement des voies prévues pour un usage précis. En France, la bande maritime sert à la détresse, à l’appel, aux échanges entre bateaux, aux ports et à certaines liaisons avec les autorités. Je vais donc aller droit au but : quels canaux utiliser, lesquels laisser tranquilles, et comment éviter les erreurs qui brouillent la navigation.

Les points essentiels à retenir avant d’émettre

  • Il n’existe pas de canal maritime “libre” au sens absolu : chaque voie a un usage défini.
  • Le canal 16 est le canal d’appel et de détresse, et le canal 70 est réservé à l’ASN.
  • Pour les échanges entre bateaux, les canaux 6, 8, 72 et 77 sont les plus pratiques en mer.
  • Le canal 9 sert souvent aux ports de plaisance, mais les usages locaux peuvent varier.
  • En navigation intérieure, l’ASN est interdit, l’ATIS devient central et la logique d’usage change.
  • Une VHF fixe ou ASN n’implique pas seulement une bonne fréquence, mais aussi un cadre réglementaire.

La réponse courte sur une fréquence VHF libre

Comme le rappelle l’ANFR, la bande VHF maritime utile se situe surtout autour de 156 à 162 MHz, mais cela ne veut pas dire que tout y est ouvert. Le bon réflexe consiste à parler de canaux autorisés selon leur fonction, pas d’une fréquence libre au sens de “j’émet quand je veux, où je veux”.

En pratique, la vraie question n’est donc pas “quelle fréquence est disponible ?”, mais “sur quelle voie puis-je appeler sans gêner les autres et sans sortir du cadre ?”. Une fois cette logique comprise, le choix devient beaucoup plus simple, et la suite vous montre précisément quels canaux retenir à bord.

Les canaux réellement utiles en plaisance

Quand je prépare une sortie, je garde en tête un petit noyau de canaux seulement. Ce sont eux que l’on utilise le plus souvent en plaisance, parce qu’ils couvrent l’appel, la veille, les échanges navire-navire et l’approche des ports.

Canal Fréquence Usage principal Ce qu’il faut retenir
16 156,800 MHz Appel, détresse, urgence, sécurité Canal de veille et de prise de contact, pas de bavardage inutile
70 156,525 MHz ASN / DSC uniquement Pas de phonie : ce canal sert aux appels numériques
6 156,300 MHz Navire-navire Très utile pour un échange court entre bateaux
8 156,400 MHz Navire-navire Canal simple et pratique en croisière
9 156,450 MHz Ports de plaisance Souvent le bon réflexe pour contacter une marina
72 156,625 MHz Navire-navire Très bon canal de travail pour des échanges privés
77 156,875 MHz Navire-navire Souvent utilisé comme canal simple entre bateaux

Point important : le canal 70 reste exclusivement numérique, et le canal 16 doit rester disponible pour l’appel et la sécurité. Si vous naviguez hors de France, je vous conseille de vérifier les usages locaux, car certains canaux changent d’un pays à l’autre.

Une fois ce socle posé, il faut regarder ce qui change dès qu’on quitte la mer ouverte pour les ports ou les voies intérieures.

Ce qui change entre mer et voies intérieures

En navigation intérieure, le cadre est différent. Le manuel CRR de l’ANFR rappelle que l’ASN y est interdit, qu’il faut positionner la VHF en mode fluvial ou ATIS, et que la puissance est souvent limitée à 1 watt sur certains réseaux. ATIS signifie Automatic Transmitter Identification System : c’est l’identifiant automatique de l’émetteur, transmis à chaque émission sur les voies intérieures.

En mer

En mer, on reste sur la logique SMDSM : le 16 pour l’appel et la détresse, le 70 pour l’ASN, puis un canal de travail pour libérer la veille. Les échanges navire-navire se font le plus souvent sur 6, 8, 72 ou 77, et le 9 sert volontiers aux ports de plaisance.

Lire aussi : Tracker Navire - Choisir AIS, Récepteur ou Transpondeur?

Sur les voies intérieures

Sur les voies d’eau, les habitudes maritimes ne s’appliquent pas automatiquement. Les messages de détresse, d’urgence et de sécurité passent généralement par le canal 10, tandis que les canaux 16 et 70 sont en principe écartés, sauf zones mixtes proches de la mer, avec des exceptions locales comme le lac Léman. C’est précisément là que beaucoup de plaisanciers se trompent : ils gardent une logique “mer” alors que le réseau n’est plus le même.

Le plus simple, à mon sens, est de basculer le poste en mode fluvial dès que la navigation l’exige, puis de raisonner en puissance réduite et en canal local. Vous évitez ainsi la plupart des brouillages et des confusions de procédure.

Une fois ce cadre compris, il reste à voir comment utiliser un canal ouvert sans saturer la bande.

Comment utiliser un canal ouvert sans gêner les autres

Je conseille toujours la même méthode : écouter d’abord, appeler brièvement, puis basculer sur une voie de travail dès que le contact est établi. Sur le canal 16, les émissions doivent rester courtes ; dans la pratique, mieux vaut éviter de s’y attarder et laisser la place aux appels utiles.

  1. Écoutez quelques secondes avant d’émettre pour vérifier que la voie n’est pas déjà occupée.
  2. Appelez court sur le 16 si vous devez joindre une station ou un navire, puis annoncez un canal de dégagement.
  3. Basculez vite sur 6, 8, 72, 77 ou un canal portuaire local pour la conversation.
  4. Laissez le 70 au numérique si votre poste est ASN, sans jamais y parler en phonie.
  5. Adaptez la puissance à la zone : inutile d’émettre fort pour une liaison courte et locale.

La règle de fond est simple : le canal d’appel sert à se trouver, pas à discuter. Dès que l’échange est lancé, il faut libérer la voie commune, sinon on finit par perturber la veille des autres navires.

Les erreurs viennent alors surtout d’une mauvaise habitude, pas d’un problème de matériel.

Les erreurs les plus fréquentes à bord

Je vois souvent les mêmes fautes, et elles sont presque toujours évitables. Le plus fréquent est de traiter la radio comme un talkie-walkie personnel, alors que la VHF maritime fonctionne dans un espace partagé, très encadré, où la discipline compte autant que la technique.

  • Parler en phonie sur le canal 70 alors qu’il est réservé à l’ASN.
  • Utiliser le canal 16 pour une longue conversation au lieu de passer sur une voie de travail.
  • Oublier les voies 75 et 76, qui sont des voies de garde autour du 16 et ne servent pas de canaux courants.
  • Rester en mode maritime sur une voie intérieure alors que le poste devrait être en mode fluvial avec ATIS.
  • Penser que le canal 9 est universellement celui des ports, alors que son usage dépend du secteur et du pays.
  • Confondre “libre” et “sans règles”, ce qui ouvre la porte au brouillage et, en cas d’usage illicite, à des sanctions.

Il y a aussi un point réglementaire que beaucoup sous-estiment : en France, l’usage d’une VHF fixe ou d’une VHF ASN s’inscrit dans un cadre précis, alors qu’une VHF portative sans ASN ne suit pas les mêmes obligations dans les eaux territoriales françaises. Le manuel CRR de l’ANFR le rappelle clairement, et c’est exactement le genre de détail qu’il vaut mieux régler avant de quitter le port.

Avant de partir, je passe donc par une vérification simple, parce qu’elle évite la plupart des mauvaises surprises en navigation.

Les vérifications que je fais avant de quitter le port

Cette étape prend peu de temps, mais elle change tout quand on alterne entre navigation côtière, portuaire et parfois intérieure. Je la considère comme une routine de sécurité, au même titre que le contrôle météo ou le plan de route.

  • Je vérifie que le poste est bien configuré pour la bonne zone, mer ou fluvial.
  • Je m’assure que la veille sur le canal 16 est active si la navigation l’exige.
  • Je confirme que le canal 70 n’est utilisé qu’en ASN.
  • Je règle la puissance selon la zone, surtout en voie intérieure où elle peut être limitée.
  • Je prépare un canal de travail probable, souvent 6, 8, 72, 77 ou un canal portuaire local.
  • Je contrôle le MMSI si la VHF est ASN, ainsi que l’ATIS sur les équipements fluviaux.
  • Je vérifie enfin que mon équipement correspond à ma zone de navigation, car entre 6 et 60 milles d’un abri une VHF fixe est requise, et au-delà de 60 milles il faut un ensemble plus complet avec VHF fixe, VHF portative étanche et EPIRB.

En pratique, il n’existe pas une seule bonne fréquence, mais une bonne logique d’utilisation. Gardez le 16 pour l’appel et le secours, le 70 pour l’ASN, puis réservez les canaux de travail aux échanges réellement nécessaires. C’est cette discipline simple qui rend la radio efficace à bord, en France comme ailleurs.

Questions fréquentes

Non, il n'existe pas de fréquence VHF "libre" au sens absolu. Chaque canal a un usage défini et réglementé pour assurer la sécurité et l'efficacité des communications maritimes. Il est crucial de respecter ces usages pour éviter les interférences et les sanctions.

Les canaux essentiels sont le 16 (appel et détresse), le 70 (ASN/DSC uniquement), et pour les échanges navire-navire, les canaux 6, 8, 72 et 77. Le canal 9 est souvent utilisé pour contacter les ports de plaisance.

Le canal 16 est réservé aux appels, à la détresse et à la sécurité. Il faut y émettre brièvement pour établir le contact, puis basculer rapidement sur un canal de travail (ex: 6, 8, 72, 77) pour la conversation afin de ne pas encombrer la veille.

Oui, mais avec des adaptations. En navigation intérieure, l'ASN est interdit et la VHF doit être configurée en mode fluvial (ATIS). Les canaux d'usage changent : le canal 10 est souvent utilisé pour la détresse et la sécurité, et la puissance d'émission est souvent limitée.

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Thibault Gosselin

Thibault Gosselin

Je m'appelle Thibault Gosselin et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine de l'entretien, de la navigation et de la réglementation plaisance. Mon intérêt pour la plaisance a débuté dès mon enfance, lorsque j'ai découvert le plaisir de naviguer sur les eaux. Au fil des ans, j'ai approfondi mes connaissances et j'ai souhaité partager cette passion avec d'autres. J'aime expliquer les subtilités de la navigation, aider les plaisanciers à comprendre les règles et à entretenir leur bateau de manière optimale. Dans mes écrits, je m'efforce de fournir des informations utiles, précises et accessibles. Je prends le temps de vérifier mes sources et de comparer les informations afin de simplifier les sujets complexes. Je suis également attentif aux tendances actuelles dans le domaine, ce qui me permet d'organiser mes connaissances de manière claire et pertinente. Mon objectif est d'accompagner les lecteurs dans leur aventure nautique en leur offrant des conseils fiables et à jour.

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