La voie 9 en VHF maritime sert surtout aux échanges utiles au port, pas aux conversations de routine ni aux appels de détresse. En navigation de plaisance, la connaître évite les malentendus à l’approche d’une marina, au moment de demander une place ou quand la capitainerie donne une consigne de manœuvre. Je fais le point ici sur son usage concret, les bons réflexes radio et les règles françaises à garder en tête en 2026.
L’essentiel à retenir sur la voie 9 en plaisance
- En France, la voie 9 est la plus utilisée par les ports de plaisance et les capitaineries.
- Sa fréquence est 156,450 MHz, en simplex, pour des échanges courts et opérationnels.
- On l’utilise pour les instructions d’entrée, la place au ponton, les consignes de manœuvre et les infos pratiques du port.
- On ne l’utilise ni pour la détresse ni pour bavarder: la voie 16 reste la référence sécurité.
- Une VHF bien réglée, une licence à jour et un équipage briefé font gagner du temps à l’arrivée.
À quoi sert vraiment la voie 9 VHF
Selon l’ANFR, la voie 9 est celle que les ports de plaisance utilisent le plus en France. Concrètement, elle sert aux échanges entre un bateau et une station portuaire, ou entre navires et port, pour tout ce qui touche à la manœuvre, au mouvement et à la sécurité à l’intérieur ou à proximité immédiate du port. C’est donc une voie très pratique, mais très ciblée: elle n’est pas faite pour occuper l’antenne longtemps, encore moins pour des discussions sans rapport avec l’arrivée au port.
Je la considère comme une voie de coordination locale. On y demande une place, on y reçoit une consigne d’entrée, on y confirme une arrivée ou on y clarifie un point de circulation dans le bassin. Le fait qu’elle soit en simplex signifie une chose simple: on parle à tour de rôle sur la même fréquence, ce qui impose d’être bref et clair. Plus le message est court, plus la voie reste utilisable pour tout le monde.
Cette logique explique pourquoi la voie 9 s’intègre si bien à la navigation de plaisance: elle relie la route en mer à l’arrivée dans le port, sans empiéter sur la veille de sécurité. C’est précisément pour cela qu’il faut la distinguer des autres canaux utiles à bord.
Quand l’utiliser, et quand choisir une autre voie
Je réserve la voie 9 aux situations où le port doit réellement intervenir dans la navigation ou l’accueil du bateau. Dès que l’échange sort de ce cadre, je passe sur la bonne voie, sinon on brouille la radio pour rien. Le bon réflexe est de savoir à quoi sert chaque canal avant même de quitter le quai.
| Voie | Usage principal | Ce que j’en fais à bord |
|---|---|---|
| 16 | Détresse, sécurité, premier contact | J’appelle brièvement puis je bascule dès que possible sur une autre voie |
| 9 | Ports de plaisance et capitaineries | Je contacte le port pour l’arrivée, la place, les consignes ou l’accès |
| 6, 8, 72, 77 | Navire à navire | J’y parle pour des échanges de routine entre bateaux |
| 70 | ASN, donc appels sélectifs numériques | Je la laisse gérer l’alerte numérique, sans l’utiliser pour parler à voix haute |
En pratique, la voie 16 reste la porte d’entrée la plus universelle, surtout si je ne connais pas encore l’organisation du port. Ensuite, je me cale sur la consigne locale. À l’étranger, je ne pars jamais du principe qu’un port écoute forcément la même voie qu’en France; je vérifie l’affectation locale avant la manœuvre, parce que ce détail change plus souvent qu’on ne l’imagine.

Appeler une capitainerie sans perdre de temps
Le bon appel VHF n’a rien de spectaculaire. Il doit être court, lisible et utile à la capitainerie. Je préfère structurer le message en trois éléments: qui j’appelle, qui je suis, et ce que je veux savoir. Tout le reste vient après, seulement si le port le demande.
Préparez l’appel en trois informations
Avant d’appuyer sur le micro, j’ai déjà en tête le nom du port, le nom du bateau et l’intention de l’appel. Par exemple: « Capitainerie de [nom du port], ici [nom du bateau], à l’entrée du chenal, demande d’instructions pour l’accostage ». Ce format fonctionne bien parce qu’il va à l’essentiel et laisse tout de suite le port répondre avec une consigne exploitable.
Si je suis encore au large ou si j’approche avec un doute sur la zone d’accueil, je donne aussi ma position de façon simple: entrée du chenal, tribord du plan d’eau, attente à proximité du feu, ou estimation d’arrivée. Il n’est pas utile d’énumérer tout le trajet. Une capitainerie veut savoir si vous êtes visible, où vous êtes et ce qu’elle doit vous indiquer.
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Restez bref et laissez la place aux autres
Une erreur classique consiste à parler trop longtemps, surtout quand le port est déjà chargé. La bonne discipline radio consiste à écouter quelques secondes, appeler une seule fois proprement, puis attendre la réponse. Si la voie est occupée, je n’insiste pas en boucle. Je réessaie plus tard ou je me conforme à la procédure locale du port.
Je garde aussi en tête un point très simple: la voie 9 n’est pas un standard téléphonique. Elle sert à coordonner l’entrée et les opérations portuaires, pas à raconter le programme de la journée. Plus l’échange est net, plus la capitainerie peut aider vite, et plus le trafic reste fluide pour les autres bateaux qui arrivent derrière vous.
Les réglages à vérifier avant d’émettre
Une bonne communication ne dépend pas seulement du canal choisi. Une VHF mal réglée, un volume trop faible ou une antenne douteuse peuvent transformer un appel banal en échange inaudible. Avant d’approcher un port, je vérifie toujours les réglages de base, parce qu’un problème simple se règle plus vite au mouillage qu’au moment d’entrer dans le bassin.
| Type de VHF | Portée habituelle | Quand je la privilégie | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Portable | Environ 3 à 5 milles | Annexe, approche courte, bateau de secours, usage ponctuel | Autonomie limitée, portée très dépendante du relief et de la hauteur d’antenne |
| Fixe | Environ 20 à 25 milles | Entrée de port, croisière côtière, communication plus stable | Dépend de l’installation, de l’antenne et de son positionnement |
Le ministère chargé de la Mer rappelle aussi un point pratique: la portée réelle varie beaucoup selon la hauteur des antennes et le relief de la côte. C’est pourquoi je ne me fie jamais seulement au modèle de radio; je regarde aussi l’état de l’antenne, la charge de la batterie, le volume, le squelch, c’est-à-dire le seuil qui coupe le souffle radio, et la bonne sélection de voie.
Si la VHF est équipée de l’ASN, je vérifie en plus que le MMSI est bien saisi et que le GPS transmet correctement la position. Dans les eaux intérieures françaises, l’ASN est interdite, donc il faut savoir quel mode utiliser avant de partir. C’est un détail technique, mais c’est lui qui évite les erreurs de configuration au mauvais moment.
Ce que la réglementation française change pour vous
En France, l’usage de la VHF dépend de la zone de navigation et du type d’équipement. Le ministère chargé de la Mer rappelle qu’avec une VHF portative sans ASN et d’une puissance maximale de 6 watts, aucune qualification spécifique n’est exigée dans les eaux territoriales françaises. En revanche, pour une VHF fixe ou une VHF portative ASN, le permis plaisance ou le CRR devient la base à connaître selon la situation.
Je retiens surtout quatre règles utiles à bord:
- En eaux territoriales françaises, une portative sans ASN et jusqu’à 6 W ne demande pas de qualification particulière.
- Avec une VHF fixe ou une VHF portative ASN, il faut au minimum le permis plaisance ou le CRR selon le cas.
- En eaux internationales ou à l’étranger, le CRR ou un certificat équivalent est nécessaire.
- La licence radiomaritime est gratuite, valable un an et doit rester à bord avec les informations du bateau à jour.
À cela s’ajoutent les obligations de sécurité liées à la zone. D’après l’ANFR, dès qu’une navigation de plaisance se situe entre 6 et 60 milles d’un abri, la VHF fixe devient obligatoire; au-delà de 60 milles, il faut une VHF portative étanche, une VHF fixe et une EPIRB. C’est un point qui change complètement la préparation d’une sortie hauturière, donc je le vérifie avant de partir, pas après.
Si vous n’avez plus de VHF en cas de difficulté, le numéro 196 permet de joindre le CROSS par téléphone en France. Ce n’est pas un remplacement de la radio, mais c’est une solution de secours utile quand la couverture le permet.
Les réflexes qui évitent les erreurs au port
La radio de bord fonctionne bien quand l’équipage a le même réflexe. Dans les faits, les erreurs viennent presque toujours des mêmes oublis: mauvaise voie sélectionnée, canal 16 encombré trop longtemps, batterie faible, appel trop long ou trop vague, et confiance excessive dans une portée théorique qui ne correspond pas à la réalité du terrain.
- Je garde la veille sur 16, puis je bascule dès que le port me le demande ou dès qu’un échange doit se poursuivre ailleurs.
- Je ne présume pas qu’un port étranger ou un petit ponton écoute la même voie qu’une marina française.
- Je prépare l’appel avant de parler, pour éviter les hésitations au micro.
- Je contrôle la charge, l’antenne et le volume avant l’approche finale.
- Je briefe l’équipage: qui appelle, qui répond, et quoi dire en cas d’imprévu.
Si je devais résumer l’essentiel en une phrase, je dirais ceci: la voie 9 sert à parler au port, la voie 16 sert à la sécurité, et le reste dépend surtout de votre discipline radio. C’est un apprentissage simple, mais il change vraiment la qualité d’une arrivée dans une marina, surtout quand la visibilité baisse ou que le trafic augmente.
Avant chaque sortie, je préfère faire ce petit tour de contrôle plutôt que compter sur l’improvisation. Un équipage qui sait quand parler, sur quelle voie, et avec quel message navigue plus sereinement, et laisse la radio disponible pour ce qui compte vraiment.