VHF Marine - Quels canaux utiliser et pourquoi?

Talkie-walkie Plastimo SX-400 affichant le canal 16, la fréquence VHF libre pour la sécurité maritime.

Écrit par

Alfred Dumas

Publié le

19 mai 2026

Table des matières

En navigation de plaisance, la VHF sert à trois choses très concrètes: appeler l’aide, joindre un navire voisin et rester à l’écoute de ce qui se passe autour de vous. La notion de fréquence VHF libre est trompeuse, car on ne parle pas d’un espace sans règle mais d’une bande de canaux attribués selon l’usage, la zone et le type d’équipement. Je reprends ici les voies réellement utiles en France, la logique de choix à bord et les points réglementaires qui évitent les erreurs les plus coûteuses.

L’essentiel à retenir avant de régler votre VHF

  • Le canal 16 sert à l’appel, à la détresse et à la sécurité; on ne s’y attarde pas.
  • Les échanges de routine entre navires se font surtout sur les voies 6, 8, 72 et 77.
  • En port, la voie 9 est la plus courante, mais les consignes locales restent prioritaires.
  • La voie 70 est réservée à l’ASN, pas aux conversations vocales.
  • En eaux territoriales françaises, le permis plaisance suffit pour l’usage courant de la VHF; en eaux internationales, le CRR reste requis.
  • La licence radio et le MMSI sont gratuits à demander, mais ils doivent être à bord et correctement renseignés.

Ce qu’on appelle vraiment une fréquence VHF libre

Je préfère être direct: en marine, un canal n’est jamais “libre” au sens d’une voie ouverte à tout usage. La bande VHF maritime se situe surtout entre 156 et 162 MHz, et les voies y sont attribuées par fonction: détresse, appel, routine entre navires, opérations portuaires ou appels numériques. Autrement dit, la bonne question n’est pas “qu’est-ce qui est libre ?”, mais “quelle voie est adaptée à mon message ?”.

En France, le repère pratique reste simple. Le canal 16 est la voie de sécurité et d’appel; le canal 70 sert à l’ASN, c’est-à-dire à l’appel sélectif numérique; les communications de routine entre navires passent par les voies 6, 8, 72 et 77; et le canal 9 est très utilisé dans les ports de plaisance. Je raisonne toujours ainsi à bord: d’abord la fonction, ensuite le chiffre. C’est ce qui évite les mauvaises habitudes et les canaux encombrés.

Une fois ce cadre posé, il devient beaucoup plus simple de choisir la bonne voie selon la situation réelle, pas selon une idée vague de “canal ouvert”.

Les canaux à retenir pour naviguer en France

Quand j’embarque, je garde en tête un petit noyau de voies vraiment utiles. Le tableau ci-dessous résume les plus importantes pour la plaisance en France, avec leur fréquence et leur usage principal.

Voie Fréquence Usage principal Ce que j’en fais à bord
16 156,8000 MHz Appel, détresse, sécurité Je l’utilise pour joindre les secours ou appeler brièvement un correspondant avant de basculer ailleurs.
70 156,5250 MHz ASN / DSC Je la réserve aux appels numériques et aux alertes automatisées.
9 156,4500 MHz Ports de plaisance Je l’écoute pour les consignes de capitainerie, l’accueil et la circulation dans le port.
6 156,3000 MHz Navire à navire Je l’emploie pour un échange de routine entre bateaux quand le contexte s’y prête.
8 156,4000 MHz Navire à navire Je la garde comme voie de trafic de routine, selon la zone et les usages locaux.
72 156,6250 MHz Navire à navire Je l’utilise volontiers pour un contact direct, surtout en navigation de plaisance.
77 156,8750 MHz Navire à navire Je la traite comme une voie de routine très pratique quand le 16 doit rester dégagé.
79 156,9750 / 161,5750 MHz Diffusion locale, selon les secteurs Je ne la considère pas comme universelle; elle dépend des zones et des services qui l’exploitent.

Je garde aussi un réflexe de prudence: les voies 75 et 76 sont des bandes de garde autour du 16, donc je ne les utilise pas. Et dès qu’un port me donne une consigne locale, je la prends au sérieux, parce qu’un plan de trafic portuaire peut varier d’un site à l’autre.

Cette logique par usage, plus que par mémoire brute, fait gagner du temps et réduit les brouillages. Le point suivant consiste à savoir ce que la réglementation permet réellement à bord, selon votre VHF et votre zone de navigation.

Ce que la loi autorise à bord selon votre VHF

Le cadre français est plus souple qu’on ne le croit, mais il faut bien distinguer la qualification de l’utilisateur, la déclaration de l’équipement et la zone de navigation. Le ministère chargé de la mer rappelle que le permis plaisance permet l’utilisation de la radio VHF en eaux territoriales françaises, tandis que l’ANFR précise que certains cas exigent le CRR ou des formalités supplémentaires.

Équipement En eaux territoriales françaises En eaux internationales Mon lecture pratique
VHF portative sans ASN, 6 W maximum Aucune qualification spécifique CRR requis Adaptée aux sorties courtes, aux annexes, aux kayakistes et à la proximité du bord.
VHF portative ASN Permis plaisance ou CRR CRR requis Très utile, mais elle demande une configuration propre: MMSI, GPS et bonne veille.
VHF fixe avec ou sans ASN Permis plaisance ou CRR CRR requis Le choix le plus cohérent dès qu’on navigue au large ou en semi-hauturier.

Deux détails changent tout. D’abord, la licence d’exploitation et le MMSI sont délivrés gratuitement par l’ANFR, et le document doit rester à bord. Ensuite, si votre installation est ASN, le couplage avec le GPS et le bon encodage du MMSI ne sont pas décoratifs: ils conditionnent la qualité de l’alerte.

Dernier point que je rappelle systématiquement: dans les eaux intérieures françaises, l’ASN n’est pas autorisée. Cela évite bien des confusions entre usage maritime et usage fluvial, surtout quand on passe d’un plan d’eau à l’autre avec le même matériel.

Une fois ce cadre légal clair, le vrai sujet devient opérationnel: comment choisir la bonne voie sans perdre de temps ni bloquer le trafic.

La méthode simple pour choisir la bonne voie en mer

Je procède toujours dans le même ordre, parce que la VHF sert mieux quand on ne l’utilise pas au hasard.

  1. Je garde le canal 16 en veille permanente, prêt pour un appel ou une alerte.
  2. Si je dois joindre un navire que je ne connais pas encore, je fais un appel bref sur le 16, puis je demande à basculer sur une voie de travail.
  3. Pour un échange de routine entre navires, je passe sur 6, 8, 72 ou 77 dès que possible.
  4. Si j’entre dans un port, je bascule sur la voie portuaire indiquée, le plus souvent le 9.
  5. Si l’équipement est ASN, je réserve le 70 aux appels numériques et aux procédures associées.

Le manuel ANFR insiste sur un point très concret: il ne faut pas encombrer le 16, et les émissions y doivent rester très courtes. En pratique, je vise un échange utile, puis je change de canal. C’est ce réflexe qui fait la différence entre une VHF bien tenue et une radio qui gêne tout le monde.

J’ajoute une nuance importante: si une capitainerie, un CROSS ou un autre navire vous donne une voie précise, suivez-la. La règle générale compte, mais la consigne locale compte davantage quand la circulation devient dense ou quand un événement nécessite un canal dédié.

Les erreurs qui brouillent le plus souvent les échanges

Les problèmes de VHF viennent rarement d’un manque de puissance. Ils viennent surtout d’un mauvais usage. Voici les erreurs que je vois le plus souvent et qui méritent d’être évitées sans discussion.

  • Parler trop longtemps sur le 16, alors qu’il doit rester disponible pour l’appel et la sécurité.
  • Utiliser la voie 70 en phonie, alors qu’elle est réservée à l’ASN.
  • Confondre les canaux de routine entre navires et les canaux portuaires, ce qui retarde la réponse utile.
  • Oublier de coder correctement le MMSI ou de connecter le GPS sur une VHF ASN, ce qui dégrade l’alerte de détresse.
  • Acheter une radio importée hors plan européen, surtout nord-américaine, puis découvrir que les canaux ne correspondent pas.
  • Employer les voies 75 et 76, pourtant laissées en garde autour du 16.

À mon sens, le piège le plus fréquent reste le faux sentiment de sécurité: on croit qu’une radio “capte”, donc qu’elle est bien réglée. En réalité, une VHF mal programmée, mal utilisée ou mal surveillée peut être presque aussi inutile qu’une VHF absente.

Le meilleur moyen d’éviter cela est de garder une routine simple avant chaque départ.

Le contrôle rapide que je fais avant de quitter le port

Avant d’appareiller, je prends moins d’une minute pour vérifier quatre choses: le canal 16 est bien en veille, la voie portuaire locale est connue, les réglages ASN sont cohérents si l’équipement en dispose, et la licence radio est bien à bord. Si je navigue loin du port, je contrôle aussi la portée réelle du poste, parce qu’une VHF portable ne couvre pas la même distance qu’une VHF fixe.

  • VHF allumée et écoutée sur le 16.
  • Canal du port ou de la zone noté avant de quitter la place.
  • MMSI, GPS et configuration ASN vérifiés si le poste est numérique.
  • Autonomie, batterie et puissance d’émission contrôlées avant une sortie plus longue.

Avec ces réflexes, la VHF devient ce qu’elle doit être à bord: un outil simple, fiable et immédiatement utile. Je retiens surtout une idée: en mer, le bon canal n’est pas celui qui semble “vide”, c’est celui qui correspond au message, à la zone et au moment où l’on parle.

Questions fréquentes

Le canal 16 est dédié à l'appel, à la détresse et à la sécurité. Il doit être gardé en veille permanente et utilisé brièvement pour établir un contact avant de basculer sur un canal de travail.

Non, le canal 70 est exclusivement réservé à l'ASN (Appel Sélectif Numérique) pour les appels numériques et les alertes automatisées, pas pour les communications vocales.

Pour les communications de routine entre navires, les canaux 6, 8, 72 et 77 sont les plus couramment utilisés. Il est conseillé de basculer sur l'un de ces canaux après un appel initial sur le 16.

Oui, en eaux territoriales françaises, le permis plaisance suffit pour l'usage courant d'une VHF. Cependant, le CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste) est requis pour la navigation en eaux internationales.

Il est crucial de ne pas encombrer le canal 16 car il doit rester libre pour les appels d'urgence et les communications de sécurité. Les échanges longs doivent être transférés sur des canaux de travail dédiés.

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Alfred Dumas

Alfred Dumas

Je m'appelle Alfred Dumas et je dispose de 6 ans d'expérience dans le domaine de l'entretien, de la navigation et de la réglementation plaisance. Mon intérêt pour le monde nautique a commencé dès mon plus jeune âge, lorsque j'ai eu l'occasion de naviguer avec ma famille. Cette passion m'a poussé à approfondir mes connaissances sur la maintenance des bateaux et les règles qui encadrent la navigation de plaisance. J'aime partager des conseils pratiques et des informations claires pour aider les plaisanciers à mieux comprendre les enjeux liés à leur passion. Au fil des années, j'ai acquis une expertise dans l'analyse des tendances du secteur et dans la simplification de sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et à jour, en vérifiant toujours mes sources et en comparant les données disponibles. Mon objectif est de rendre la navigation plus sûre et agréable pour chacun, en démystifiant la réglementation et en facilitant l'entretien des embarcations.

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