À bord, la radio VHF n’est pas un accessoire de confort : c’est l’outil qui permet de parler aux secours, aux ports et aux autres navires quand le téléphone devient inutile. Ici, je clarifie la signification de la VHF en navigation, les canaux vraiment utiles, les règles à connaître en France et la différence concrète entre une VHF fixe, une portable et un modèle ASN. L’objectif est simple : vous aider à embarquer avec une radio comprise, bien utilisée et réellement utile en situation normale comme en cas d’alerte.
Les points à retenir avant d’embarquer
- VHF signifie Very High Frequency et désigne la radio maritime utilisée surtout dans la bande 156 à 162 MHz.
- Le canal 16 sert à l’appel, à la détresse et à la sécurité ; le canal 70 est réservé à l’ASN.
- En France, une VHF fixe est obligatoire pour la navigation semi-hauturière, entre 6 et 60 milles d’un abri.
- La portée dépend surtout de la hauteur des antennes, du relief et de l’installation, pas uniquement de la puissance annoncée.
- Une VHF portable est pratique en secours ou en annexe, mais elle ne remplace pas toujours une installation fixe en navigation engagée.
- La licence de station de navire et le MMSI doivent être cohérents avec le bateau et l’équipement embarqué.
Ce que signifie réellement une VHF en mer
VHF signifie Very High Frequency, autrement dit la bande des ondes métriques. En navigation maritime, on travaille surtout autour de 156 à 162 MHz, avec des voies numérotées plutôt que des fréquences à mémoriser une par une. C’est un point que beaucoup de plaisanciers sous-estiment, alors qu’il explique presque tout le reste : la VHF sert à émettre et recevoir sur des canaux dédiés, chacun ayant un usage précis.Deux modes de fonctionnement reviennent souvent. En simplex, on parle à tour de rôle sur la même fréquence, comme sur la plupart des échanges bateau à bateau. En duplex, l’émission et la réception passent par deux fréquences différentes, ce qui permet un fonctionnement plus proche d’une conversation téléphonique. Dans la pratique de plaisance, retenir cette distinction aide surtout à comprendre pourquoi certains canaux sont réservés et pourquoi le canal 16 doit rester disponible.
Il faut aussi distinguer la VHF classique de la VHF ASN, c’est-à-dire avec appel sélectif numérique. Dans ce cas, la radio ne se contente pas de la voix : elle peut envoyer une alerte numérique et identifier le navire grâce au MMSI. C’est une évolution utile, mais elle ne remplace pas les bases. Une VHF reste d’abord un moyen de communication maritime structuré, pas un simple talkie-walkie de bord.
Une fois ce cadre posé, on comprend mieux pourquoi la VHF reste un outil central dès qu’on quitte le port.
Pourquoi elle reste un équipement décisif en navigation
La VHF reste supérieure au téléphone portable pour une raison simple : elle ne dépend pas du réseau mobile local et elle permet d’émettre vers plusieurs destinataires en même temps. En mer, cela change tout. Vous pouvez prévenir un CROSS, contacter un port, appeler un autre bateau ou relayer une information de sécurité sans attendre qu’un signal 4G veuille bien passer.
En plus, la portée est adaptée à la navigation côtière. En usage courant, on constate souvent qu’une VHF portable couvre environ 3 à 5 milles, alors qu’une VHF fixe atteint fréquemment 20 à 25 milles selon l’antenne, la hauteur d’installation et le relief. Ce ne sont pas des promesses garanties, mais des ordres de grandeur réalistes. C’est précisément pour cela que l’antenne et le câblage comptent presque autant que la puissance de l’appareil.
La VHF sert aussi à recevoir des bulletins météo, à coordonner une arrivée au port, à prévenir d’un navire à la dérive ou à écouter une alerte de sécurité. Dans les faits, elle devient vite l’outil de contact le plus utile à bord. Quand le trafic se densifie, quand la visibilité baisse ou quand un équipier se fait mal, je préfère toujours disposer d’une radio simple, claire et déjà maîtrisée.
C’est ce rôle de sécurité qui explique pourquoi le bon usage des canaux est bien plus important que le modèle choisi.
Comment l’utiliser proprement sur le canal 16 et l’ASN
Le réflexe de base est très simple : le canal 16 sert à l’appel, à la détresse et à la sécurité, pas aux conversations longues. Dès qu’un contact est établi, il faut basculer sur une voie de travail adaptée pour libérer la fréquence. Cette discipline n’est pas une coquetterie radio ; elle permet aux secours et aux autres navigateurs de rester à l’écoute sans saturation inutile.
| Situation | Canal ou fonction | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Détresse grave | Canal 16 | J’émettrai un appel de détresse, puis je donne la position, la nature du sinistre et le nombre de personnes à bord. |
| Urgence réelle sans danger immédiat | Canal 16 puis voie adaptée | J’annonce le problème sans m’étendre et je prépare le relais vers le bon interlocuteur. |
| Appel sélectif numérique | Canal 70 | J’utilise l’ASN pour envoyer un appel numérique avec le MMSI du navire ou de la station visée. |
| Échange courant entre bateaux | Voies de travail selon la zone | Je quitte le 16 dès que le contact utile est établi et je garde la fréquence de sécurité dégagée. |
| Coordination de port ou d’approche | Canal indiqué localement | Je vérifie la consigne du port, du chenal ou de la zone fréquentée avant d’appeler. |
Je distingue aussi trois messages qui ne doivent jamais être confondus. Mayday signale une détresse grave et immédiate. Pan-Pan désigne une urgence sérieuse sans danger instantané. Sécurité sert à transmettre une information utile à la navigation, comme un avis météorologique ou un danger flottant. Cette distinction paraît théorique, mais elle change la rapidité de traitement d’un appel quand la situation se tend.
Sur une VHF ASN, le bon réflexe est de paramétrer correctement le MMSI et, si l’appareil le permet, la position GPS. Sans cela, la fonction d’alerte perd une grande partie de son intérêt. Je préfère une installation sobre, bien configurée, à un appareil sophistiqué jamais préparé pour un vrai appel.
Une fois les canaux et les gestes maîtrisés, la vraie question devient réglementaire : qu’avez-vous le droit d’embarquer et d’utiliser selon votre zone de navigation ?
Ce que la réglementation française change vraiment
En 2026, la règle pratique à retenir en France est la suivante : tout dépend de la zone et du type de radio. Dans les eaux territoriales françaises et les eaux intérieures, une VHF portative non ASN de 6 W maximum ne demande pas de qualification spécifique. En revanche, dès que l’on passe à une VHF portative ASN ou à une VHF fixe, il faut au minimum le permis plaisance ou le CRR selon le cas et la zone d’utilisation.
| Situation | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| VHF portative non ASN, 6 W maximum, en eaux territoriales françaises ou intérieures | Aucune qualification spécifique n’est exigée. |
| VHF portative ASN ou VHF fixe à bord | Je vérifie que le permis plaisance ou le CRR couvre bien l’usage prévu. |
| Navigation à l’étranger ou eaux internationales | Le CRR ou un certificat équivalent devient la référence à vérifier avant de partir. |
| Navire équipé d’une VHF | La licence de station de navire doit être à jour et cohérente avec le matériel embarqué. |
Il y a un point que beaucoup oublient : la licence de station de navire est une autorisation administrative gratuite, valable un an et à renouveler chaque année. Elle doit refléter le matériel réellement embarqué, ainsi que le MMSI et l’indicatif d’appel. Si l’installation change, si le navire change de propriétaire ou si les coordonnées du titulaire bougent, il faut mettre les informations à jour.
Autre repère utile pour la plaisance française : la VHF fixe est obligatoire en navigation semi-hauturière, c’est-à-dire entre 6 et 60 milles d’un abri. À ce niveau, la radio n’est plus un confort, elle fait partie de l’armement de sécurité attendu. C’est aussi la raison pour laquelle je conseille de vérifier la conformité de l’équipement avant de planifier une sortie un peu ambitieuse.
Une fois ce cadre posé, il devient plus facile de choisir le bon type de VHF selon le programme de navigation.
VHF fixe, portable ou ASN ce que je recommande selon la sortie
Le bon choix dépend moins du marketing que de l’usage réel à bord. Pour une sortie côtière courte, une portable bien entretenue peut suffire en secours. Pour une navigation régulière, une VHF fixe reste la base. Pour naviguer loin des côtes avec un vrai niveau de sécurité, l’ASN apporte un gain concret, à condition d’être correctement programmée et comprise par l’équipage.| Type de VHF | Portée courante | Atout principal | Limite principale |
|---|---|---|---|
| VHF portable non ASN | Environ 3 à 5 milles | Simple, mobile, utile en annexe ou en secours | Autonomie limitée et portée réduite |
| VHF fixe classique | Environ 20 à 25 milles | Meilleure portée grâce à l’antenne et à l’alimentation du bord | Installation à bord nécessaire |
| VHF portable ASN | Environ 3 à 5 milles | Appel de détresse numérique, GPS intégré sur de nombreux modèles, usage d’appoint sérieux | Reste limitée par la puissance et la batterie |
| VHF fixe ASN | Environ 20 à 25 milles | Le meilleur compromis pour la sécurité, la routine et l’alerte rapide | Demande un MMSI programmé et une installation propre |
Je recommande aussi de regarder l’antenne avant de regarder les fonctions. Une VHF fixe installée avec une antenne correcte, un câble en bon état et une alimentation fiable vaut souvent mieux qu’un appareil plus sophistiqué mal monté. À bord, c’est la qualité du système complet qui fait la différence, pas seulement la fiche technique.
Si vous embarquez souvent, gardez en tête un autre détail : la VHF portable tient généralement de 5 à 8 heures selon l’usage, le volume et l’âge de la batterie. C’est suffisant pour du secours ou une annexe, beaucoup moins confortable pour une journée complète de navigation active. Le choix dépend donc moins d’une préférence abstraite que de la durée réelle de sortie et du niveau de risque accepté.
Une fois l’équipement choisi, il reste le plus important : les vérifications simples qui évitent les mauvaises surprises au moment critique.
Le réflexe simple qui évite la plupart des mauvaises surprises
Avant de quitter le port, je fais toujours les mêmes contrôles. Ils sont rapides, mais ils évitent les erreurs les plus coûteuses au moment où l’on a besoin de la radio.
- Je vérifie que le canal 16 est bien surveillé quand la sortie l’exige.
- Je contrôle le volume, le squelch et la puissance d’émission avant de larguer les amarres.
- Je m’assure que le MMSI et la position GPS sont correctement programmés sur une VHF ASN.
- Je regarde l’état de l’antenne, du câble coaxial et des connexions visibles.
- Je charge la portable à fond et je prévois une batterie ou un chargeur si la sortie doit durer.
- Je montre à l’équipage comment lancer un appel de détresse et à quel moment basculer du 16 vers un canal de travail.
Je trouve aussi utile de rappeler à tout le monde qu’une VHF ne remplace pas la veille visuelle et auditive. Elle complète la sécurité, elle ne la remplace pas. Le navire doit rester attentif à son environnement, même si la radio semble rassurante.
Si je devais résumer l’essentiel pour un plaisancier en France, je dirais ceci : une bonne VHF est une VHF comprise, entretenue et prête à servir. Canal 16 surveillé, équipement adapté à la zone, licence à jour et équipage briefé, voilà le socle qui change réellement la sécurité à bord.