VHF marine: choisir la bonne pour votre sécurité en mer

Radio VHF sur un bateau au coucher du soleil. Le classement VHF est essentiel pour la sécurité en mer.

Écrit par

Alfred Dumas

Publié le

9 juin 2026

Table des matières

En navigation, une VHF n’est pas un simple accessoire de confort. C’est un outil de sécurité, de coordination et parfois la seule manière de joindre rapidement les secours ou un autre bateau lorsque le réseau mobile devient inutilisable. Ici, je décortique la classification utile des VHF marines, les différences qui comptent vraiment entre fixe, portable et ASN, ainsi que les règles françaises à respecter selon la zone de navigation. J’ajoute aussi les canaux à connaître, la licence, le MMSI et les erreurs que je vois le plus souvent à bord.

Les repères utiles avant de choisir une VHF pour la navigation

  • Il n’existe pas un seul classement des VHF, mais plusieurs critères: type d’installation, présence de l’ASN, classe d’équipement et zone d’usage.
  • En France, la VHF fixe devient obligatoire au-delà de 6 milles d’un abri, puis la VHF portable étanche s’ajoute au-delà de 60 milles.
  • Le canal 16 reste la veille de sécurité en mer, tandis que la voie 70 est réservée à l’ASN.
  • La licence radio est gratuite, mais une VHF ASN doit être déclarée et associée à un MMSI.
  • Pour la plaisance, la classe D est la plus courante; la classe A concerne surtout les usages professionnels.

Ce que recouvre vraiment la classification des VHF marines

Je ne classe jamais une VHF par la seule marque ou par la puissance affichée sur la boîte. En pratique, le sujet se lit sur quatre axes: fixe ou portable, avec ou sans ASN, classe A ou D, et usage maritime ou fluvial. C’est cette grille qui permet de comprendre si l’on achète un équipement de base, un vrai outil de sécurité ou un modèle pensé pour une navigation plus engagée.
Axe de lecture Ce que cela décrit Impact concret à bord
Fixe / portable Installation permanente ou équipement mobile Portée, autonomie, confort d’usage et rôle de secours
Classique / ASN Présence ou non de l’appel sélectif numérique Envoi automatique d’une alerte, transmission de la position, usage du MMSI
Classe A / D Niveau de fonctions ASN Classe A pour les usages pro, classe D pour la plaisance
Maritime / fluvial Cadre réglementaire et fréquences d’emploi Règles différentes, notamment pour l’ASN et l’ATIS

Je vois souvent une confusion simple: on cherche une VHF “meilleure” alors qu’il faut surtout une VHF cohérente avec la navigation prévue. Un bateau côtier n’a pas les mêmes besoins qu’un voilier qui sort longtemps, et un usage fluvial n’obéit pas aux mêmes logiques qu’une sortie en mer. Une fois cette base posée, la question devient beaucoup plus lisible: quelle zone navigue-t-on, et quel équipement la réglementation attend-elle vraiment ?

Ce que la réglementation impose selon la zone de navigation

En France, la logique réglementaire reste simple à retenir, même si la division 240 a encore été ajustée en 2026. Le ministère de la Transition écologique rappelle surtout que les exigences dépendent de la distance d’éloignement d’un abri, pas d’un “niveau” abstrait du bateau. C’est ce point qui fait basculer la VHF du confort vers l’obligation.

Zone de navigation Lecture pratique Ce que je retiens pour la VHF
Jusqu’à 6 milles d’un abri Navigation côtière simple La VHF est fortement recommandée, mais la contrainte la plus forte ne vient pas encore de la fixation à bord
Entre 6 et 60 milles Navigation semi-hauturière Une VHF fixe est obligatoire
Au-delà de 60 milles Navigation hauturière Une VHF portable étanche s’ajoute à la VHF fixe
Eaux intérieures françaises Navigation fluviale L’ASN n’y est pas autorisée; on raisonne autrement, notamment avec l’ATIS

Autre point que je garde toujours en tête: tout navire équipé d’une radio VHF doit rester à l’écoute du canal 16 en mer, en plus de la veille visuelle et auditive. La règle paraît basique, mais elle est souvent négligée à bord, surtout quand l’équipage pense que “quelqu’un d’autre écoute déjà”. Dans les faits, c’est une veille active, pas une option de confort.

À partir de là, le choix entre fixe, portable et ASN devient beaucoup plus clair, parce qu’il ne s’agit plus d’un achat “technique” mais d’un arbitrage de sécurité.

VHF fixe, portable ou ASN, ce que je recommande selon le programme

Pour un bateau de plaisance, le trio le plus utile reste presque toujours le même: une VHF fixe bien installée, une portable de secours, et une fonction ASN si l’on veut automatiser les alertes et transmettre la position. Le but n’est pas d’empiler les fonctions, mais de réduire le délai entre l’incident et l’alerte.

Type de VHF Ce qu’elle apporte Limites à connaître Usage le plus pertinent
Portable sans ASN Mobilité, simplicité, secours d’appoint Portée plus courte, autonomie limitée, pas d’envoi automatique de détresse Annexe, bateau de petite taille, solution de secours
Fixe sans ASN Portée supérieure, alimentation bord, usage stable Nécessite une installation sérieuse et une antenne adaptée Navigation côtière et sorties plus longues
Fixe ASN classe D Appel sélectif numérique, MMSI, transmission de position, détresse rapide Demande une licence, un réglage correct et une bonne initialisation Le choix le plus logique pour la plupart des plaisanciers
ASN classe A Fonctions plus avancées, accusé de réception et relais de détresse Surdimensionnée pour la plaisance Usage professionnel

En pratique, la classe D est celle que l’on rencontre le plus souvent sur les bateaux de plaisance. La classe A, elle, correspond à des besoins plus lourds et à des procédures plus proches du monde professionnel. Je conseille souvent de penser d’abord en termes de scénario réel: sortie à la journée, croisière côtière, traversée plus large, navigation en solitaire ou en équipage réduit. C’est ce scénario qui dit si la portable est un simple secours ou un vrai complément indispensable.

Une autre donnée mérite d’être dite sans exagération: la portée dépend énormément de la hauteur de l’antenne, du relief côtier et de la qualité de l’installation. À titre d’ordre de grandeur, on retient souvent 3 à 5 milles pour une portable et 20 à 25 milles pour une fixe, mais je les lis toujours comme des repères, pas comme des promesses. Le meilleur modèle mal installé reste un mauvais choix.

Quand on sait quoi embarquer, il reste à savoir sur quelles voies parler, et c’est là qu’une bonne VHF fait gagner beaucoup de temps.

Schéma GMDSS montrant le classement des communications maritimes : VHF, MF/HF, Inmarsat, EPIRB, SART, NAVTEX, SAR.

Les canaux qu’il faut vraiment connaître avant de partir

Il n’est pas utile de mémoriser tout le plan de bande, mais il faut connaître les canaux qui structurent réellement les échanges. En mer, trois repères dominent: le canal 16 pour l’appel et la sécurité, la voie 70 pour l’ASN, et les canaux de trafic pour basculer rapidement hors de la fréquence de détresse.

Canal Rôle Comment je l’utilise
16 Appel, détresse, sécurité Je l’écoute en permanence en mer et j’y reste très bref
70 ASN uniquement Je ne m’en sers pas pour parler à la voix; il sert aux alertes numériques et aux appels sélectifs
6, 8, 72, 77 Navire à navire Je bascule dessus dès qu’un échange de routine doit quitter le 16
9 Ports de plaisance Je l’utilise pour des échanges portuaires courants selon les usages locaux
67 Voie affectée au CROSS dans l’affectation française Je la garde en tête comme voie de sécurité, pas comme canal de bavardage

Je rappelle aussi une règle de bon sens: la voie 16 n’est pas un salon de discussion. Elle sert à alerter, écouter, transmettre l’essentiel, puis à décrocher vers un autre canal. Les voies de garde autour du 16 existent justement pour éviter les brouillages, et la voie 70 doit rester propre pour l’ASN. En navigation, la discipline radio vaut souvent autant que le matériel.

Cette logique des canaux mène directement à la partie que beaucoup repoussent: la licence, le MMSI et le certificat d’opérateur.

Licence, MMSI et CRR, la partie administrative qu’il ne faut pas négliger

Selon l’ANFR, une VHF fixe ou portable doit être déclarée et la demande de licence est gratuite. Si la VHF est équipée de l’ASN, un MMSI est attribué au navire. C’est ce numéro qui permet à l’équipement d’identifier correctement le bateau lors d’une alerte et, surtout, de transmettre une détresse utile aux centres de coordination.

Je conseille de suivre une logique simple avant la mise à l’eau:

  • déclarer la VHF et conserver la licence à bord;
  • programmer le MMSI sans improvisation, idéalement avec vérification professionnelle si l’appareil le justifie;
  • relier correctement la VHF ASN au GPS pour transmettre la position;
  • vérifier qui est autorisé à l’utiliser selon la zone de navigation;
  • garder en tête que, dans les eaux intérieures françaises, l’ASN n’est pas autorisée.
Le point de droit pratique est le suivant: dans les eaux françaises, l’utilisation d’une VHF fixe ou portable ASN suppose de pouvoir présenter une licence à jour et de disposer soit du permis mer, soit du CRR. À l’étranger, le CRR devient obligatoire même avec une VHF portative. Pour un bateau de plaisance, c’est souvent la différence entre un équipement bien pensé et un équipement techniquement bon mais administrativement incomplet.

Une fois ces formalités réglées, il reste surtout à éviter les erreurs d’usage, parce que c’est elles qui cassent la sécurité réelle à bord.

Les erreurs qui dégradent vraiment la sécurité à bord

La plupart des problèmes que je rencontre viennent moins du matériel lui-même que de son usage. Une VHF peut être excellente sur le papier et décevante en mer si elle est mal montée, mal programmée ou mal comprise par l’équipage.

  • Choisir une portable seule pour une navigation trop ambitieuse : elle rassure, mais elle ne remplace pas une installation fixe pour les distances plus larges.
  • Oublier l’autonomie réelle : une batterie de VHF ne se juge pas à l’achat, mais après plusieurs heures de veille et d’appels.
  • Ne pas tester le MMSI et le GPS : sur une ASN, l’alerte n’a de valeur que si la position et l’identification sont réellement transmises.
  • Laisser l’équipage ignorant : si une seule personne sait appeler le canal 16, le bateau devient fragile au pire moment.
  • Confondre portée théorique et portée utile : l’antenne, le relief et la hauteur de montage changent tout.
  • Rester trop longtemps sur le canal 16 : on garde la veille, mais on ne l’encombre pas.

Je résume souvent ainsi: la meilleure VHF n’est pas celle qui affiche le plus de fonctions, c’est celle qui permet à l’équipage de réagir vite, sans hésitation et sans bricolage. Si la radio demande un mode d’emploi complet au moment critique, elle n’est pas encore assez simple pour le bord.

Ce que je retiens pour équiper un bateau sans me tromper

Si je devais simplifier le sujet au maximum, je dirais qu’un bateau de plaisance en France a besoin d’une VHF choisie selon la zone de navigation, la présence ou non de l’ASN et la capacité réelle de l’équipage à s’en servir. Pour la majorité des navigateurs, une VHF fixe ASN bien installée, complétée par une portable étanche, couvre déjà l’essentiel sans surenchère technique. Pour le fluvial, je regarde d’abord le cadre d’utilisation et les codes adaptés, pas la sophistication des menus.

Le bon réflexe, avant de partir, reste toujours le même: vérifier la licence, contrôler le MMSI, écouter le canal 16 et s’assurer que tout le monde sait basculer sur le bon canal sans chercher le manuel au mauvais moment. C’est cette discipline, plus que le classement commercial d’un modèle, qui fait la différence en mer.

Questions fréquentes

Une VHF fixe est installée à bord de manière permanente, offrant une meilleure portée et une alimentation continue. Une VHF portable est mobile, utile comme secours ou pour les annexes, mais avec une portée et une autonomie limitées.

L'ASN (Appel Sélectif Numérique) permet d'envoyer automatiquement des alertes de détresse avec la position du bateau via le canal 70. Elle est cruciale pour la sécurité, car elle accélère l'intervention des secours.

Oui, toute VHF fixe ou portable doit être déclarée et une licence est nécessaire (gratuite en France). Une VHF ASN nécessite un MMSI (numéro d'identification du navire) pour fonctionner correctement et transmettre les alertes.

Le canal 16 est pour l'appel et la sécurité (veille obligatoire). Le canal 70 est réservé à l'ASN. Les canaux 6, 8, 72, 77 sont pour le trafic navire-navire. Le canal 9 est souvent utilisé pour les ports de plaisance.

En France, une VHF fixe est obligatoire au-delà de 6 milles d'un abri. Au-delà de 60 milles, une VHF portable étanche s'ajoute à la fixe. Elle est fortement recommandée même pour les navigations côtières de moins de 6 milles.

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Alfred Dumas

Alfred Dumas

Nicolas Dumas, fort de mes 14 années d'expérience dans le domaine de l'entretien et de la réglementation de la plaisance, je me consacre à partager mes connaissances et mon expertise sur ces sujets passionnants. Mon intérêt pour la navigation a commencé dès mon enfance, lorsque j'ai eu la chance de découvrir la mer avec ma famille. Depuis, j'ai approfondi mes connaissances et j'ai développé une véritable passion pour tout ce qui touche à la navigation de loisir. Dans mes écrits, je m'efforce d'expliquer des concepts parfois complexes de manière claire et accessible. Je m'intéresse particulièrement aux tendances actuelles et aux meilleures pratiques en matière d'entretien des bateaux, ainsi qu'aux réglementations en vigueur qui impactent les plaisanciers. Je prends soin de vérifier mes sources et de comparer les informations afin de fournir des contenus utiles, précis et à jour. Mon objectif est d'aider les lecteurs à naviguer en toute confiance, en leur offrant des conseils pratiques et des informations fiables.

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